LA 'S'
GRAND
ATELIER


A . S . B . L .
Place des Chasseurs ardennais, 31
B-6690 Vielsalm
Tél +32 (0)80 28 11 51
Fax +32 (0)80 28 11 50


Site des "the Choolers"
Notre page facebook

© La Hesse, 2012.

Site réalisé grâce au mécénat de l'asbl Comté de Salm, Vielsalm

Conditions d'utilisation

Josiane Wollwert (2005)

La "S" Grand Atelier, D/2005/10.700/2
210x210 mm, 40 pages, Couverture Souple, Reliure agrafée

Le déluge. La fin du voyage, le mont Ararat est encore loin, très loin.

Si on lui pose la question, Josiane dessine des animaux. Mais ce qu’elle donne à voir c’est à travers le hublot, la fureur des éléments déchaînés. Le monde n’a pas encore sa forme actuelle. Il est en phase prélavage. Un hibou observe le linge sale tourner à travers le hublot de la washing machine. Que voit-il ?

La tempête. Josiane enfile son manteau/tablier magique. Légèrement trop grand. Elle orchestre d’inquiétants et improbables phénomènes météorologiques. Précipite ses créatures en des forêts mystérieuses.

Dans la pièce de Shakespeare, Prospero convoque les représentants du pouvoir et de l’ordre. Sur l’île. Pour rétablir la justice. Effacer l’abjection. De tous les personnages, ces deux cons de Stephano et Trinculo n’ont rencontré qu’un Caliban. A la mesure de leur stupidité. Un seul a trouvé l’amour. Tous ont dû s’incliner devant la vérité du magicien.

Le chaos. Akira de Katsuhiro Otomo. Le titre entier: Akira, empereur du chaos. Entre ses mains naît la destruction de Néo-Tokyo. Et son futur.

Akira déchaîne l’apocalypse quand son Être entre en résonance avec la souffrance de ses congénères.

Le cataclysme engendré par la puissance d’Akira. Troublant de similitude formelle avec les compositions de Josiane. Les immeubles de la mégapole s’encastrent pour former, à l’image, un amas de fer et de feu sombre. Sur fond d’éclatante lumière blanche.

Abjicio, d’ab-jectum : jeter loin devant soi, avec violence.

Chaque trait inscrit, gravé. Chaque trait est un combat. La moindre inscription ne se permet la superficialité. « Le corps est un champ de guerre » écrit Artaud.

« Le corps est un champ de guerre où il serait bon que nous revenions. »

Ce que Josiane donne à voir c’est à travers le hublot : Cosmogonie du chaos. Radiation. Action tangible de la lumière sur la matière. Cette impression d’immobilité. De silence. Contempler le chaos hors du temps. Détaché des Êtres et des Objets. Rien n’a de lien. Et tout est lié. Ce n’est pas l’abstraction. Le réel est simplement tenu à distance.

L’épopée de Gilgamesh, Ut-Naparish-tim « Jour de vie prolongée » raconte son récit de survivant du Déluge au héros en quête de sa propre immortalité…

« Un jour entier, l’ouragan se déchaîne,

Impétueux, il se déchaîne et le Déluge déferle ;

Sa violence survient sur les gens comme un cataclysme.

Impossible à chacun de voir quelqu’un d’autre ;

Aperçu du ciel, les gens ne sont plus reconnaissables. »

Logos. Parmi les éléments déchaînés, on devine des traces de schémas mystérieux. Ecritures cunéiformes dont le sens reste obscur.

L’histoire du déluge se décline à travers les mythes fondateurs du monde entier.

Noé a-t-il tenu un journal de bord ? Et Deucalion et Pyrrha ? Et Manou, sauvé par Vishnu ?

Comment décrire la mer jour après jour ? Si semblable. Si différente.

Bernard Moitessier, le navigateur, écrit « La longue route », sous titre : « Seul entre mers et ciels » : « C’est toute la vie que je contemple, le soleil, les nuages, la mer, le temps qui passe et reste là. »

Comment décrire la mer ? Visibilité, température, couleurs et formes des vagues, vitesse du vent. Tout y est. Forme, lumière, couleur, mouvement, matière : le langage de la peinture.