LA 'S'
GRAND
ATELIER


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Portraits crashés à La "S" (2012)

Portraits crashés est, au-delà d’une exposition, une interrogation sur la représentation de la figure humaine par quelques artistes travaillant à La « S » Grand Atelier. Une collection de visages brisés, explosés, emboutis comme après un accident, sortie de la tête et des mains d’Adolpho Avril, de Nicole Claude,de Pascal Cornelis,d’Irène Gérard, de Brigitte Jadot,d’Alexandre Heck, de Jean Leclercq et de Christine Remacle. Mais d’où proviennent ces carambolages visuels ? Par quoi sont-ils déclenchés ? Quel est ce processus d’accident volontaire qui défigure ces portraits extraits de revues et de catalogues ? Mais Portraits crashés est une exposition, pas une galerie de monstres – le but de ces artistes n’étant pas d’en générer –, ensuite une réflexion sur ces interprétations – à moins qu’il ne s’agisse de copies décalées. Mais d’où vient ce décalage, quel est ce mécanisme ? – de visages qui ont fait signe un jour depuis leurs papiers souvent glacés.

Tout dessin, gravure ou peinture exécutés d’après un modèle en deux ou trois dimensions est une interprétation – que voulez-vous faire de plus avec une tige qu’on trempe dans de la pâte colorée ou qui sert à creuser une tranche agglomérée de bois ? Un choix conscient ou inconscient de signes à faire figurer dans une image pour qu’on puisse la comprendre. Dans les peintures de John Constable ou, plus tard, de Lucian Freud, il ne s’agit pas en effet de peindre toutes les feuilles d’un arbre pour qu’on ait l’impression de toute sa touffeur, la multitude y est suggérée en quelques touches. Dans Portraits crashés, la plupart des artistes de La « S » Grand Atelier représentent, chacun à sa façon, avec ses propres outils, le monde comme on le connaît peu. Au-delà d’une simple question d’interprétation, ils inventent de nouveaux codes pour nous faire voir ce monde, et en particulier les êtres qui le peuplent, différemment. Et voir n’est pas tout, ressentir aussi, car il est question ici d’yeux plus ou moins bien ajustés mais aussi de peaux qui réagissent à la tristesse ou à la joie, de nerfs qui coincent et se décoincent. On aimerait parfois être dans leur tête – comme dans celle de Paul Cézanne lorsqu’il décida de tordre le cou à la perspective il y a plus d’un siècle –, munis de leur instrument de vision afin de voir ce qui se cache vraiment derrière cette idée,aux possibilités infinies,de représentation. Et puis, n’est-on pas ce que l’on peint ou dessine ? Ne dessine-t-on ou ne peint-on pas ce que l’on est, tout simplement, peu importe le niveau de nos déficiences mentales.