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Barbara MASSART (1987)

Barbara MASSART brise les mythologies pour les réintégrer avec force à la réalité. La géographie des territoires qu’elle tisse s’étend en de vastes surfaces de mailles, vivantes et animées par les resserrements, les épanchements, les densités variables de laines colorées, de fourrures synthétiques et autres matières dissonantes rapiécées en de nouvelles formes. Les pièces de Barbara MASSART s’imposent à la réalité comme ses composantes irréductibles et jusque-là invisibles.

Barbara MASSART tricote des couvertures bigarrées dont l’envergure dépasse de loin les mensurations humaines, des vêtements dont les longueurs répondent aux nécessités obscures de ses propres jeux de distances, des accessoires incandescents et primordiaux qui signifient autant qu’ils dissimulent. Ainsi, les surfaces de tricot qu’elle maille s’épanchent comme des abstractions dont le lyrisme et la concrétude recouvrent le réel ; les bras de ses pulls s’enlacent de plusieurs tours ou atteignent la distance improbable qui la sépare de vous ; ses cagoules arborent des couleurs franches et couvrantes mais aussi de grands trous béants qui réécrivent le regard et l’offrent complètement à nu pour vos yeux.

Travaillant souvent dans l’inconnue de sa forme finale tout en ayant clairement à l’esprit l’objet qui prendra existence dans ses laines, l’artiste prend parfois plusieurs semaines, plusieurs mois pour donner naissance à une pièce, ne craignant pas tous les événements qui traverseront ses mailles sans perturber leur trajectoire. Toutes ces choses qu’elle engendre s’imposent comme objets de notre propre monde, lui enjoignant une réalité forte et bouleversante. Autant de littéralité et de physicalité qui s’immiscent, dans notre espace, par la tactilité et l’envergure de ses objets. Il y a, avec Barbara MASSART, un trouble qui s’introduit dans la matière du réel. Ce qui était donné pour invisible surgit à l’état brut.

Barbara MASSART a également travaillé sur un film avec Nicolas CLÉMENT, « Barbara dans les bois », qui a lui-même donné suite à un deuxième film, « Santa Barbara » (réalisé en Andalousie). Dans ce dernier film, résultante d’un travail à deux, un « 3ème langage » en somme, on y retrouve pas moins que l’unicité de la création de Barbara MASSART ; on se surprend, en effet, à y retrouver les traits saillants de sa création en solo. En outre, la discontinuité des lieux choisis s’y acheminent dans une linéarité filmique comme autant de pièces de tissus jointes en une seule matrice, acheminées d’un seul tenant. Dans ce film également, Barbara MASSART, l’héroïne, figure fluette déambulant cagoulée, une pioche à la main et vêtue d’une pièce de laine, affronte une succession de rencontres, dans un parcours initiatique dont l’empreinte filmique révèle une image façonnée par ses mythologies personnelles et le surgissement du réel. Une fois encore, l’artiste offre à l’image, à travers cette déambulation, tant sa vulnérabilité que le caractère irréductible de sa réalité.

Annabelle DUPRET

2018