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Pascal LEYDER (1988)

Science intuitive en nuée de signes

Pascal LEYDER

Découvrant le travail de Pascal LEYDER autour de 2010, je fus directement subjuguée par l’acuité de ses dessins mais aussi par le renversement que ceux-ci exerçaient sur le champ de mes connaissances. Une plongée dans sa science du détail, dans les mailles de traits serrés dont il enveloppait déjà ses sujets élaborés (cartes de géographie, gravures scientifiques, estampes japonaises ou affiches politiques) orienta mon regard vers le processus de création, nourri des intuitions et de la très riches culture visuelle de Patrick PERIN (coordinateur de xxx à xxx de l’atelier de peinture de La S Grand Atelier) que celui-ci avait initié avec Pascal LEYDER, ouvrant ainsi la voie à un processus de suggestions et de propositions intuitives avec lui.1 Comme beaucoup d’amoureux des arts graphiques aussi, cette interrogation s’accompagnait d’une fascination pour la finesse de son travail (les dentelles de traits qui recouvraient ses sujets), son art de la synthèse visuelle, son sens inné des compositions ainsi que des formats (parfois hors standards), et surtout, l’affranchissement des cadres que son œuvre reflétait2.

« Pascal LEYDER cultive cette science du détail, nourrie d’une observation fouillée, qui le fait dessiner sans s’arrêter, pendant des journées entières de travail en atelier, des atlas qui rivalisent de loin avec les mondes qu’ils représentent, et dans lesquels il injecte une vie graphique [propre]. »3

Plonger dans l’unicité du travail de Pascal LEYDER, c’était, entre autres, percevoir ses dispositions et sa réceptivité surprenantes quant aux propositions qui lui étaient faites. C’était aussi questionner un langage visuel aussi fouillé que celui de la parole (mais autre) dont les signes détenaient des raisons d’être mystérieuses4. Lorsque j’ai découvert sa série de reprises d’affiches communistes chinoises (initiée par Patrick PERIN), je me suis questionnée sur mon regard de lectrice et sur les projections que je pouvais en faire. Les figures de ces affiches ne dégageaient-elles pas, à travers ses traits, une aura propre qui (re)prenait vie ? Pour moi, cette dimension vécue qui y était insufflée révélait ses hautes qualités intuitives de lecture de l’image par-delà le contexte que nous lui attribuons conventionnellement.

Dans les dessins de Pascal LEYDER, on est témoin de son affranchissement des codes, et la fonction initiale des documents sources (cartes de géographie par exemple) prend un nouveau sens sous ses traits. En observant ses interprétations d’images scientifiques, ne sommes-nous pas, tout à coup, autant questionnés sur la véracité de leur indication que sur la vie propre dont elles avaient jusque-là été dépourvues ? Une catharsis s’opère, pour nous spectateurs, car on s’y affranchit de nos premiers réflexes de reconnaissance et de nomination, redécouvrant alors un pays que l’on croyait encercler et connaître jusque-là.

Annabelle DUPRET

Octobre 2018