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Kostia BOTKINE (1989)

Les dessins de Kostia BOTKINE se révèlent tout en déclinaisons de lignes premières, de plans synthétiques d’architectures de cirque, et de dénombrement de codes colorés élémentaires. Avec lui, l’espace infini de la variété reprend tout son sens. Ces architectures, rencontres de 'points et de

lignes sur plans', sont autant de trapèzes vacillant d’un tempo à un autre, annotations relevant de la partition musicale, où les signes ont gagné toute leur autonomie pour atteindre une spiritualité (dont Kostia cultive, à travers ces retranscriptions aux airs arithmétiques, un secret inconditionné et inconditionnel). Ces dessins, points de rencontres entre tracés élémentaires et variations colorimétriques, sont aussi transpositions sur la surface de perspectives ayant largué leurs points de fuites et offrant des espaces vierges à l’œil et à l’esprit, nouveaux hôtes de ces portées musicales.

Réitérant par les formes sa conviction intime et personnelle, l’œuvre de Kostia BOTKINE atteste d’un cheminement loin de l’art pour l’art, une posture à répéter toujours par les formes, et jamais établie une fois pour toutes dans la réalité, reflétant l’appel à un accomplissement tout à la fois intérieur et supérieur.

Réelles topographies d’architectures intérieures, traductions d’espaces circassiens multipliés et retracés, ces déclinaisons infinies sur le thème du chapiteau attestent de la fascination de Kostia BOTKINE pour ce dôme de toile aux alternances de couleurs, incarnant à lui seul par sa forme

ascendante et simple, la répétition de ces moments extraordinaires de représentations. Ces graphiques ingénieux sont également énumérations des effets réitérés de ce spectacle à chaque fois

renouvelé. Aspiré par le monde du cirque (baigné dans un environnement artistique et stimulant, dès l’âge de 9 ans, Kostia fréquente une école de cirque, et est fasciné depuis son plus jeune âge par celui-ci, ainsi que par le théâtre et par la musique), et déterminé à donner formes aux ultimes variations du thème de la piste (cernée au cœur de l’enceinte, et qui plus est, n’apparaissant jamais de manière visible sur ses planches), les cirques de Kostia BOTKINE se traduisent en trapèzes (figures

de géométrie autant que d’équilibrisme), dont le basculement se répète à l’infini pour conquérir le vide. Et de fait, l’espace chez Kostia BOTKINE apparaît selon de nouvelles lois où le haut et le bas peuvent s’intervertir, par-delà la gravité.

Apparaissant comme des annotations mathématiques, des ponctuations littéraires, ou encore des séquences musicales, ces énonciations graphiques révèlent un paradigme que seul Kostia BOTKINE

entraperçoit. Elles sont ainsi des formes variables, telles les déclinaisons d’un même terme, où les éléments graphiques (formes, couleurs, orientation des tracés etc.), tels la prolifération d’affixes syntaxiques, révèlent les différents constituants d’une forme tout à la fois idéelle et multiple. Ces dessins peuvent également avoir valeur de journaux intimes, lieux privilégiés de signes codés traduisant un rapport tout aussi bien en miroir de soi qu’avec les choses au-delà de ce monde.

(Annabelle Dupret)