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Gabriel EVRARD (1991)

Gabriel Evrard est arrivé dans les ateliers plastiques de La « S » Grand Atelier en 2012 alors qu’il était toujours élève dans l’enseignement spécialisé.

Ses prédispositions pour le dessin ont amené sa professeure d’arts-plastiques à lui proposer un stage à La « S ».

Très rapidement les talents de Gabriel se sont révélés et à l’issue du stage, il a intégré les ateliers à hauteur de deux jours par semaine.

Une nouvelle recrue dont les premiers dessins augurent d’une belle carrière artistique.

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Gabriel Evrard – né à Braine-l’Alleud en 1991 – fréquente La «S» Grand Atelier depuis 2012. Depuis son arrivée, son hyper productivité fascine. Le voir réaliser ses planches sans ébauche, et qui plus est, sans la moindre correction ultérieure, déconcerte tout qui s'attache à l'observer dans son activité créatrice. Paré d’une mémoire exceptionnelle, qui traverse son immense culture médiatique et télévisuelle, Gabriel Evrard se réapproprie par le dessin autant de films, de dessins animés, que de groupes et de chanteurs de musiques pop qui régalent sa soif de connaissance et la nôtre. Dans cette embrasement à explorer des sujets qui l’enchantent, les nus féminins aux formes généreuses occupent également une place de choix. Selon Erwin Dejasse, «Dessiner est [chez Gabriel Evrard] un acte de réappropriation, une manière de redonner une forme concrète aux musiciens et aux héros qui peuplent son panthéon personnel».

L’enthousiasme de Gabriel Evrard à retranscrire ce panthéon personnel ainsi que son effervescence à traduire ses sujets de prédilection se révèlent remarquablement dans la plasticité de ses planches. Captivés que l’on est par le pouvoir expressif de ses figures aux trames de traits acérés au bic bleu ou noir, un parallèle avec l’expressionniste abstrait Willem de Kooning surgit, comme l’a très bien fait observer François Liénard. Avec son attaque directe de la surface, sa vitesse et son immédiateté d’approche, ce parallélisme surgit avec force. Mais surtout, il se confirme et s’ancre d’autant plus que ses compositions dynamiques et ses découpes incisives révèlent un investissement contrôlé in fine ainsi qu’une intuition consciente sans lesquels celles-ci s’évanouiraient. Plus encore, on peut imaginer dans son processus, tout comme chez le peintre expressionniste, un mouvement qui simultanément définirait le sujet, tout en le dissolvant. En effet, dans la fièvre de Gabriel Evrard à représenter ses idoles s’affirment les signes phares qui permettront de les identifier, mais la trame expressive s’épanchera également sans borne sur sa feuille, ce qui lui fera dès lors gagner, dans un même mouvement, toute son autonomie picturale. En jaillissent des figures ardentes, dont les compositions résistent au superflu et à l’accessoire. Alors que ses grandes masses envoûtantes au bic sont tensées par des courbes ambitieuses, l’intensité de ses traits stridents font dès lors naître des figures au fort pouvoir empathique dont les regards absorbants et pénétrants captent l’attention. Gabriel Evrard excelle dans les portraits de groupe et les stars du rock qu’il revisite exhalent un charisme que sa force graphique décuple.

Si le monde du dessin animé est également un sujet de prédilection pour Gabriel Evrard, c’est qu’il met en scène des acteurs dynamiques dont les interactions mobilisent l’attention et créent une narration nourrie de péripéties et d’intrigues collectives fortes. Dès lors, on n’est pas surpris de découvrir dans ses grandes plages d’épanchement de crayonné, de vastes zones vides laissant la possibilité à ses figures d’osciller vers de nouveaux dénouements. De la même manière, dans ces grandes zones latentes peuvent se déployer également en lettrages animés le nom de scène de la tête d’affiche, ou d’autres mentions commentant la figure. Ces textes peuvent occuper une place de choix qui leur accorde alors la même vie et intensité que les figures dessinées. Au cœur de l’image donc, ces textes, pleinement image eux aussi, possèdent autant de valeur que les figures qu’ils désignent. Motifs à part entière, les logos, titrailles, et informations contextuelles se fondent dans l’image ou s’en dégagent, telles de nouvelles images décuplant le pouvoir providentiel des personnages dessinés de Gabriel Evrard.

Annabelle DUPRET 2017