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Dominique THEATE (1968)

Dominique Théâte est né le 23 août 1968 à Liège

Il participe aux ateliers peinture de La « S » Grand Atelier ( CEC La Hesse) depuis 2001

« La jeunesse de Dominique s’est fracassée un jour de l’été 1986. Une moto rencontre un poteau : violence extrême du contact.

Arrêt sur image, en plein milieu des eighties éclatantes de néons fluorescents. Warhol, Basquiat, Haring, Robert Smith, Palmer, Morrissey et…Dominique qui s’apprêtait à entrer aux Beaux-Arts.

Le choc et puis en enfilade : les sirènes hurlantes, le coma, l’hospitalisation, la rééducation, la trépanation, la ré hospitalisation, l’institution. Et le verdict qui résonne encore : handicap.

Le cauchemar continu, il n’y a pas de réveil salvateur.

Et pourtant, contre toute attente, un espoir renaît. Dominique réapprend à marcher, à parler et à dessiner. Grâce à un amour maternel incommensurable, un jeune homme reprend le cours de sa vie là où elle n’aurait jamais dû exploser.

Dominique a bloqué le compteur sur l’année 86 mais se projette dans un avenir d’homme avec tout l’attirail de la réussite contemporaine : la femme, le travail et l’inaltérable BMW comme Jacky, le compagnon de sa mère et modèle suprême de la masculinité mature.

Depuis 2001, Dominique dont le langage volubile lui vaut le surnom de « Blabla », déambule de sa haute stature dans les ateliers pour venir raconter sa vie rêvée et ses résolutions d’avenir.

Sa plume intacte nous livre la plupart du temps des autoportraits d’une grande sensibilité alliés à une écriture autofictionnelle qui interpelle l’ex fan des eighties que je suis.

Dominique et moi avons le même âge ; nous avons grandi dans la même région et sans ce putain d’accident nous aurions dû nous trouver devant les mêmes modèles aux Beaux-Arts.

La révolte a fait place au respect et à la contemplation devant une création vitale. »

Anne-Françoise Rouche

Si l’on en croit ses centaines de dessins illustrés de textes, Dominique Théate porte costume et cravate, lunettes de bon goût et « pantalon civil ». Il pose souvent à côté d’une voiture de luxe de type BMW dont il espère être un jour le propriétaire – « pour me l’offrir, il me faudra posseder un certain capital finançier que je souhaite recolter grace a la production de mes shemas » écrit-il. Il appelle ses dessins annotés des « shemas » qui prouvent « (sa) passion pour l’activité artistique qu’(il) espère de conserver durant toute (son) existance sur la planete terre ». Ces centaines de textes légendés d’images sont un journal intime en morceaux au style louvoyant entre déposition de police et lettre officielle d’un ministère dirigé par le Père Ubu. Journal en morceaux dans lequel Dominique Théate rêve de l’acquisition d’un permis de conduire, d’être déguisé en « singe à lunettes » au prochain carnaval du village, d’inviter à une « danse d’amour » une autre pensionnaire des hauteurs créatives de Vielsalm, de devenir un acteur, un artiste et un écrivain reconnu. Il évoque souvent son beau-père qui ressemblerait à un catcheur célèbre, aussi une pièce de théâtre dans laquelle il aurait joué un père emmenant sa fille chez le médecin. Dominique Théate se présente comme un « porteur de costume cravate » en ses autoportraits en pied crayonnés à l’infini, il est en tout cas l’authentique traducteur en images et en mots du monde d’une incroyable normalité qui tourne dans sa tête.

François Liénard