LA 'S'
GRAND
ATELIER


A . S . B . L .
Place des Chasseurs ardennais, 31
B-6690 Vielsalm
Tél +32 (0)80 28 11 51
Fax +32 (0)80 28 11 50


Site des "the Choolers"
Notre page facebook

© La Hesse, 2012.

Site réalisé grâce au mécénat de l'asbl Comté de Salm, Vielsalm

Conditions d'utilisation

Richard BAWIN (1955)

Richard BAWIN est né à Seraing-Liège (B) en 1955. Il vivait à Vielsalm (B) depuis le début des années 90 où il y est décédé le 28 avril 2013.

Artiste et trisomique, il est l’un des plus anciens et des plus fidèles participants des ateliers du CEC La Hesse.

Fin des années70, il a également été l’un des tous premiers à fréquenter le Créahm de Liège qui ouvrait alors la voie de la création chez les personnes handicapées mentales. Un artiste de la première heure qui a gardé avec Luc Boulangé, le fondateur du Créahm, de solides liens affectifs.

Très autonome, Richard conscientise sa vocation d’artiste et présente une démarche des plus cohérentes. Il s’exécute de manière organisée et systématique.

Il touche à toutes les techniques avec beaucoup de talent et d’originalité : la peinture, la linogravure, le collage, la sculpture…rien ne lui fait peur…

Richard BAWIN puise dans sa mémoire et dans sa collection de cassettes vidéo et de disques vinyles pour nourrir ses œuvres. Leurs titres sont souvent évocateurs de sa filmographie préférée ou des ses vieux (et parfois incongrus) chanteurs préférés. Il a exposé dans de nombreux endroits et à de nombreuses reprises, en Belgique et à l’étranger.

En mars 2007, le CEC La Hesse lui a offert une rétrospective dans son espace « La « S »Grand Atelier. Il a pu inviter à cette occasion d’autres artistes à qui il a proposé d’aborder le thème du cinéma.

Depuis 2007, Richard Bawin a décidé d’approcher de nouveaux média: le cinéma d’animation, la vidéo et le chant. De nouvelles disciplines qui complètent et alimentent généreusement son univers de création.

Richard Bawin s’est également investi dans une collaboration originale et féconde avec Thierry VAN HASSELT, auteur de bandes dessinées et fondateur des éditions Frémok, avec qui il a créé un récit décalé autour du personnage charismatique de Jean-Claude Van Damme. Depuis lors, les deux créateurs collaborent régulièrement pour nous apporter une forme de bande dessinée jusque là tout à fait inédite !

Fin 2008, son implication dans l’atelier musique du CEC a déclenché le projet « Won Kinny White », enregistrements live où Richard transpose son univers personnel dans un chant rauque et puissant en utilisant une langue imaginaire. Il est accompagné de musiciens professionnels qui en se mettant au service de la personnalité de Richard, proposent des créations musicales qui entrent en résonnance avec la tessiture de sa voix…

Actuellement Richard partage son temps entre la pratique assidue de la linogravure et son travail vocal au sein des « Won Kinny White » et « The Choolers » (orchestre européen mixte)

Ces activités s’associent parfaitement ce qui lui permet régulièrement de proposer des expositions de linogravures dans les différents lieux où sont programmés ses groupes musicaux…

2010, outre un concert d’anthologie dans sa ville natale (Liège) et un passage remarqué au festival de bande dessinée d’Angoulême, Richard démarre une tournée d’expos et de concerts à travers toute l’Europe…

Richard Bawin chante dans une langue connue de lui seul mais que nous pouvons comprendre si l’on considère son phrasé en tant que notes sortant d’un instrument. Il joue au cow-boy dans un court métrage où il est question d’un duel avec un autre amateur de westerns, spaghettis et ardennais. Il fume des cigarettes roulées en prenant des poses à la Charles Bronson à l’entrée de l’atelier de peinture. Voilà pour le personnage et son décorum, mettons-le de côté pour parler du créateur de formes et de couleurs car Richard Bawin dessine, peint, grave. Il grave à puissants coups de gouges dans les linos, comme un bûcheron, avec force et précision, de grands personnages qui vous fixent dans leurs encres, qui vous retiennent prisonnier dans leurs bois hachés. Dans une série de collages remarquables, il reprend des images extraites de films, images qu’il surdessine et qu’il insère dans des architectures faites de traits emplis de couleurs, le tout sur fond noir. L’on y reconnaît La planète des singes, La fureur du dragon, Le jour des morts vivants, La tour infernale, Le bon, la brute et le truand, La vache et le prisonnier, le cinéclub de Richard n’est pas sectaire. Les images d’acteurs font corps avec les architectures, encastrées dans ce décor de briques. Les constructions ornées, cernées et coloriées se détachant des fonds éteints sont comme des bijoux graphiques, des pendentifs de papier, des décorations rutilantes, byzantines. Oui c’est Byzance, dans les aplats de couleurs et les formes circonscrites, les coupoles et les frontons, ces effets de mosaïques – manqueraient juste les dorures, rendues inutiles par les fonds noirs accentuant par contraste la luminosité des couleurs. Mais les saints et les saintes priées par Richard Bawin s’appellent ici Bruce Lee, Clint Eastwood, Alain Delon, Jean-Claude Van Damme, Tarzan, Jane ou Super Jamie. Vielsalm où œuvre Richard n’est pas Byzance, Constantinople ou Istanbul, encore moins Hollywood, mais les légendes prennent parfois naissance sur les terres les plus inattendues.

François Liénard