LA 'S'
GRAND
ATELIER


A . S . B . L .
Place des Chasseurs ardennais, 31
B-6690 Vielsalm
Tél +32 (0)80 28 11 51
Fax +32 (0)80 28 11 50


Site des "the Choolers"
Notre page facebook

© La Hesse, 2012.

Site réalisé grâce au mécénat de l'asbl Comté de Salm, Vielsalm

Conditions d'utilisation

Rita ARIMONT (1967)

Rita participe aux ateliers peinture du CEC La Hesse depuis 2001

Il est des instants magiques dans la vie d’un atelier ; comme ce jour où Rita délaissant la peinture, s’est lancée dans une construction en carton, scotch et plastiques divers…

Alors que sa peinture était peu convaincante, voire infantilisante, son premier assemblage fut une totale réussite de création personnelle.

La cohérence a suivi et Rita s’est constitué un petit laboratoire, un atelier de construction où le plus grand bonheur de chacun est de venir lui apporter du carburant à sa création : carton, tissu, laine, scotch, plastique, polystyrène…

Rita construit, découpe, assemble, colle et appose ses écritures avec le même bonheur.

Vraiment investie dans sa création, Rita en arrive à fuguer du centre de jour pour venir à l’atelier, délaissant par-là ses autres activités au sein de l’institution.

Anne-Françoise Rouche

L’artiste vient à l’atelier depuis plusieurs années, mais ce n’est que depuis 2003 qu’elle se révèle en quittant les territoires de la peinture. Elle a décidé un jour de récupérer toutes les matériaux qu’on peut trouver dans un atelier de peinture : gants, caisses, papier collants, plastiques, polystyrène, mousse. Ensuite elles les assemblent. Sur le carton, elles collent des photos, des gants, des ficelles, du papier transparent. Puis, elle prend une bombe de peinture et, selon l’envie du moment, recouvre une grande partie ou applique juste quelques points de peinture. Et puis rebelote, elle recolle, re décore, fait disparaître certains éléments pour en faire apparaître d’autres. Le spectateur n’a plus qu’à s’amuser à essayer de reconnaître les photos, parfois entièrement masquées, à retrouver ce qui est caché à l’intérieur ou qui est recouvert par d’autres matériaux. Une œuvre de Rita Arimont est une partie de cache-cache entre l’artiste et le spectateur.

Gilles Rion

Rita Arimont emballe des objets, des contenants, des contenus, des matières choisies au hasard du désordre feint d’un atelier. Et l’on ne sait plus ce qui se cache sous les papiers collants ou calque, la corde et les laines, les cellophanes et les vinyles, les polystyrènes et les cartons qui recouvrent. Passe-temps sous plastique, une chaussure devient une chose, une banalité se fait sculpture. Et l’on est alors hypnotisé par une botte, sans doute au départ en caoutchouc, ensuite étouffée d’autocollant rouge vif, de ruban de masquage couleur beurre, ligotée de ficelles et de raffia. Un objet hypnotique comme les Botten met sneeuw (1966) de Panamarenko, ces caoutchoucs recouverts de mousse de polyuréthane, vernis du jus épais du temps, neiges anciennes miraculeusement conservées. De purs ovnis. Il est étonnant comme cet art particulier qui est celui du recouvrement fasse songer à autant de références dans une histoire de l’art récente – comme des boîtes qui tomberaient soudain en nombre d’une armoire mal rangée. Christo qui emballait, avant qu’il ne s’attaque à l’Histoire, de modestes monuments domestiques comme une bouteille de vin ou une machine à écrire. Ou Marcel Duchamp qui bricola un jour de grande liberté A bruit secret (1916) – cette pelote de ficelle entre deux tranches de laiton contenant un bruit à jamais prisonnier. Et l’on se demande si Rita Arimont n’a parfois pas emballé des morceaux de vie à jamais enfouis, si elle ne perpétue pas malgré elle cette jeune tradition d’une pratique artistique encore vierge de guides et de manuels.

François Liénard